Rétro: Chevrolet Camaro SS 1967 - Par Jean-Samuel Guay

Essais

Nous avons le plaisir cette semaine de mettre nos principes de côté et de nous chatouiller le cerveau avec les yeux grâce à un retour dans le temps (aucunement question de la DMC DeLorean) suite à l'essai festif d'un Chevrolet Camaro 1967. Beaucoup d'asphalte à déroulé sous cette voiture et c'est avec de grands yeux brillants que je regarde les années 1960. Tandis que Ford se pointait dans le cadrage de la porte avec un Mustang né en 1964 d'une belle jument nommée Iaccoca, les gens chez General Motors marmonnaient qu'il n'y avait pas de place pour un véhicule coupé équipé de grosses cylindrées sur le marché. Quelle ne fut pas la surprise de GM que de s'apercevoir qu'ils s'étaient trompés et qu'ils devaient se dépêcher à produire un enfant prodigieux pour qu'il soit en mesure de rattraper l'ascension du cheval "fordien". Si la blonde de votre meilleur ami devient porteuse d'une future progéniture, dépêchez-vous de remplacer les pilules anovulantes de votre propre blonde par de l'ecstasy et produisez un enfant qui saura sauver l'honneur de votre famille. C'est ça, l'automobile.

L'extérieur est l'un des principaux arguments qui m'ont attiré vers cette automobile. Nous avons tous un jour ou l'autre fait rouler des "Hot Wheels" à l'effigie de Muscle Cars en faisant :"Vroorrrrooom" lorsque nous étions jeunes. J'ai toujours été émerveillé par l'aspect sauvage de ces monstres. Ce n'est pas n'importe qu'elle sorte de voiture qui en impose suffisamment pour laisser l'impression que sous son capot il y a gros robot capable sauver le monde. Regardez les photos que nous avons prises, et les puristes auront un relent de dopamine qui leur envahira le système. Regardez les énormes roues et venez me dire que vous ne souhaiteriez pas être l'élu qui les usera! La courbe de la carrosserie est parfaite tout de cette voiture me donne envie de brûler de l'essence et des pneus dans un contexte où il n'y a ni lois ni ligne jaune, seulement de l'asphalte noir.

Bon, il faut dire que l'intérieur est typiquement américain et surtout typiquement dans la nature depuis 44 ans. Malgré cela, l'odeur à son bord est enivrante. Un mélange d'essence, de sexe et de rock and roll. Je possède un véhicule qui date de 2004 et ça sent déjà le souillé à son bord. Souvevons-nous gaiement de ces vieilles radios à roulettes que l'on ne pouvait utiliser sans s'approcher pour voir les postes qui étaient affichés avec des caractères trop petits. Les cadrans semblent être faits avec le même métal que l'on utilise pour faire les haches de bucherons. Les bancs "Corbeau" très enveloppants ont remplacé la banquette en cuir. Cela donne un aspect plus sportif tout en laissant l'impression de se faire câliner par un lutteur de 375 livres. Vous savez, le bon vieux truc du :"essaye de pogner le 20$ su'l dash" tandis que le moteur rugit violemment et que notre corps fusionne avec le banc. Autant être dans un banc confortable. Le gros levier de changement de vitesse avec l'embout blanc et l'énorme volant donne envie de prendre congé pour l'après-midi pour aller se promener avec la voiture. Est-ce que j'ai dit que ça sentait bon à l'intérieur?

Pour ce qui est des sensations derrière le volant... FAIL! Je ne l'ai pas conduite. N'allez pas me lancer des pierres, vous ne l'avez pas conduite non plus. J'ai fait un tour à son bord malgré tout. Le propriétaire de la voiture est un sympathique monsieur qui a bien voulu nous la déplacer pour la séance photo et à qui je n'ai pas osé demander de la piloter. Prêter un petit bijou comme ça c'est un peu comme si un ami vous demandait d'aller passer l'après-midi avec votre blonde que vous trouvez trop belle pour vous. De toute façon, si c'était ma voiture, je ne la prêterais jamais et surtout pas à un gars comme moi ! Ne vous inquiétez pas, amateurs de chiffres, des données techniques seront ajoutées au texte prochainement et vous pourrez, vous aussi, être flabbergasté.

C'est en cherchant une application de réveil matin au son du gros V8 de cette Camaro 1967 que je vous écris ces quelques lignes. Je ne veux pas faire mon agace, mais les gens qui s'occupent de l'entretien du véhicule ont dû diminuer la puissance du moteur, car trop démentielle. Elle est certes plus jeune que sa principale rivale au cheval d'argent, mais elle est demeurée prodigieuse et son plus gros défaut est que je ne l'ai pas conduite.

Merci à Normand pour l'essai et un jour je l'attraperai le 20$!

Jean-Samuel Guay
Chroniqueur Automobile
Babu, Marcotte & Associés