Essai: Volkswagen Tiguan 2012 - Par Jean-Samuel Guay

Essais

Dans la catégorie des MUS (Mini Utilitaires Sport), le Tiguan, pondu en 2009, est un petit vent de fraîcheur qui nous arrive tout droit d’Allemagne. Son nom proviendrait de la fusion entre les mots Tigre et Iguane. Ne vous inquiétez pas, aucun ingénieur allemand n’a tenté d’accoupler les deux animaux ensemble. Je crois qu’il ne s’agit que d’une symbolique qui rappellerait plutôt l’horoscope chinois. Un jour, peut-être n’y aura-t-il plus de nom à utiliser pour baptiser nos voitures. En attendant, le Tigre-Iguane vient se forger une identité qui lui est propre, entre la Golf GTI et le Touareg, mi-camion et mi-voiture, mi-tigre et mi-iguane.

Simple, attrayant et sans paillette, on voit que l’extérieur se veut sans éclat comme l’ensemble de la gamme Volkswagen et ce n’est pas une mauvaise chose. La calandre a été revue ainsi que les lumières arrière pour 2012. L’avantage de ces lignes sobre comme un complet-veston est leur durabilité en terme de goût. Moins les formes sont accentuées et plus elles risquent de passer au travers des styles passagers. Le désavantage demeure leur manque de personnalité, quoique le Tiguan n’en manque pas, mais ce n’est peut-être pas à l’extérieur du véhicule que vous vous en apercevrez. Ah la mode ! Nous espérons tous que notre linge et notre véhicule demeureront aux goûts du jour le plus longtemps possible. Imaginez un peu les gens qui ont acheté un Pontiac Aztek, qui est demeuré à la mode durant 3 jours, à quel point ils devaient regretter de faire leurs paiements mensuels. Vous n’aurez pas cet ennui, le Tiguan sera encore joli dans 10ans même si vous ne pouvez construire une tente dans le coffre. Par contre, comme Denis Lamontagne du lave-auto 5 étoiles me mentionnait, son plus grand inconvénient demeure les moulures de plastique au bas des portes qui blanchissent à long terme et qui donne un aspect vieilli au véhicule.

C’est vraiment à l’intérieur que l’on peut voir l’iguane ressortir. Tout comme le sang de l’animal, le Tiguan est plutôt froid à l’intérieur. Il manque un brin de ce réconfort que l’on retrouve dans une maison de campagne dans le temps des fêtes. Non pas que j’avais l’impression de conduire un reptile, mais plutôt que la symétrie vient enlever ce petit élément « funky » des hippies des années 70. Tout comme l’iguane, l’intérieur est efficace et bien balancé, Les couleurs pâles ainsi que le giguarguestuant toit panoramique venaient aider à éclairer l’intérieur qui était moins morose que celui de la GTI (voir autre article avec le coup de pied « de la muerte »). Mais au final, ai-je besoin de me sentir dans un Toys’R’us à chacune des fois où j’entre à bord du véhicule ? Placez les commandes de façon intelligente et surtout faites des réservoir de lave-glace de la même grosseur que les bidons et je suis heureux.

Oubliez les rayures et le rugissement rauque, cet engin se rapproche du tigre par son agilité et sa rapidité. Il saura vous surprendre par sa conduite aussi assurée que la démarche de Burt Reynolds. Et son volant est doux comme un pelage... Même moteur de 2,0L turbocompressé que dans la Golf GTI, je l’aime ce moteur, il avance à souhait. Comme si vous aviez un tigre, vous le nourririez avec des supers-poulets ou des supers-gazelles, le Tiguan boit de la super-essence et ça coûte super-cher. Boîte de vitesse manuelle ou automatique offerte ainsi qu’un rouage traction ou intégral 4motion. Ne manquerait plus que la version TDI qui existe dans un monde où il y a plus d’Europe et moins d’Amériques. Restons ici, les européens finiront bien par se lasser de nous priver ainsi. Lors de mon essai, j’ai dû quitter le fang-shui allemand du reptilo-félin de Volkswagen pour passer la fin de semaine en Camaro. Lors de mon retour de cette fin de semaine onéreusement joviale, la transition Camaro-Tiguan ne m’a pas dépaysée. Il y a donc un bon rapport poids/puissance qui vient probablement de l’équilibre de l’iguane. De tous ses concurrents, il est le plus agréable à conduire et de loin. Même votre conjointe sera ravie de tourner le volant avec le petit doigt dans 3 pieds de neige avec le petit rugissement qui est satisfaisant comme une balle de Golf que l’on voit disparaître dans un trou.

N’oublions pas qu’un jour il neigera et que belle voiture, dans le garage s’en ira. Heureusement, des gens tout autour de la planète s’efforcent de nous produire des véhicules forts attrayants et agréables à conduire même les doigts gelés dans une tempête de neige. Voilà pourquoi ce genre d’engin fait fureur sur nos routes. Volkswagen doit certes regagner la confiance des gens dans leur conquête du monde au point de vue fiabilité. Ce n’est pas comme de se retrouver cocu, mais plutôt comme d’essayer de manger de la tarte aux pommes normalement après avoir vu le film American Pie. Et comment appelle-t-on un véhicule dont le nom est le croisement entre une chèvre et une grenouille?

Nous tenons à remercier Lave-Auto 5 Étoiles qui a participé activement à cet essai routier en s'assurant que le véhicule brille quotidiennement. Pour plus d'informations, contactez Denis Lamontagne:

Jean-Samuel Guay
Chroniqueur Automobile
Babu, Marcotte & Associés