Essai: KIA Optima - Par Jean-Samuel Guay

Essais

Cette semaine, nous vous présentons un essai routier de la KIA Optima 2012… amateurs de performance ne passez pas tout de suite à la page suivante vous risqueriez de manquer quelque chose. Tout d’abord, ses superbes lignes extérieures rappellent davantage ce qui se produit en Allemagne qu’en Corée. Merci à Peter Schreyer, ancien designer chez Audi, qui a métamorphosé celle que l’on appelait jadis au Canada: la Magentis.

L’histoire de l’Optima, est un peu comme celle de la fille moche qui me courtisait à l’école primaire. Après lui avoir clairement exprimé mon dédain en «l' explosant» au ballon-chasseur je l’avais totalement perdu de vue, jusqu’à ce qu’elle réapparaisse quelques années plus tard au collège avec un « tuning » de mannequin. Tout comme la KIA Optima 2012, je ne souhaitais qu’une chose… être à l’intérieur!

KIA n’a pas la réputation de construire des voitures qui font rêver, c’est vrai. Je serais même le premier à acheter une Infiniti G35 2005 plutôt qu’une KIA Optima neuve. Par contre, j’ai été très surpris par la longue liste d’accessoires offerts de série sur cette berline. En prenant place à bord, j’y ai découvert absolument tout ce dont j’avais besoin pour assurer mon petit confort et celui de mes éventuels passagers. L’ordinateur de bord, s’affichant sur un écran de 7 pouces, bénéficie d’une interface simple et intuitive. Si vous êtes utilisateur d’une console de jeu XBox, vous ne mettrez que quelques minutes pour en comprendre le fonctionnement.

C’est au niveau de la conduite que l’on perd notre semi-croquant. Sans être aussi décevant que de ramener une belle fille à la maison pour finalement apprendre qu’elle s’appelait Patrick avant de s’appeler Patricia, vous n’aurez jamais l’impression d’être au volant d’une voiture performante avec l’Optima. Son châssis n’a pas non plus la précision et l’assurance nécessaires pour vous donner l’envie d’enfiler un casque et prendre l’assaut du Circuit Mont-Tremblant. Même si sa conduite est plutôt monotone, son moteur de 2,4 litres d’une puissance de 200 chevaux répond très bien - même mieux que la plupart des autres voitures de sa catégorie – à la moindre sollicitation de l’accélérateur. Une version SX, équipée d’un moteur 2.0 litres turbo de 273 chevaux, est aussi offerte par Kia. Pourquoi donner plus de puissance à une voiture qui n’aspire pas à la performance? Si vous voulez mon avis, le moteur de base offre suffisamment de "punch" pour vous imposer sur la route. Les quelque 70 chevaux supplémentaires que vous offre le 2.0 litres turbo permettent des accélérations un peu plus franches, mais est-ce vraiment nécessaire? De toute façon, vous n’impressionnerez personne lorsque vous irez en ville en Kia Optima. Vous risquez encore moins de retrouver après une soirée arrosée un soutien-gorge accroché au rétroviseur sur lequel y est inscrit de la main d’une femme un numéro de téléphone.

Vous vous demandez encore en quoi cet essai routier peut intéresser un lecteur de Burn-out.ca mordu de performance? Si vous possédez déjà une voiture sport et que vous êtes à la recherche d’un véhicule pour affronter le quotidien de notre réseau routier en décomposition et ses embouteillages monstres causés par les multiples et interminables chantiers, la dernière chose dont vous avez besoin c’est d’une voiture qui procure des sensations de conduite. Dans ce cas, la KIA Optima pourrait être un choix intéressant. Ses lignes extérieures élégantes sont l’œuvre de l’un des designers les plus reconnus au monde, son habitacle est confortable et agréable, son équipement est généreux, sa garantie 5ans/100 000 km « bumper à bumper » est l’une des meilleures de l’industrie et son prix est compétitif.

PDSF KIA Optima 2011: 21 995$ - 33 695$

Jean-Samuel Guay
Chroniqueur Automobile
Babu, Marcotte & Associés