Combat des V8 Supercharged: Corvette ZR1 VS Ford GT

Essais

Il fait deux degrés; la piste ICAR en est à sa dernière semaine « d’été » avant d’entâmer ses programmes d’hiver. Deux bêtes sont alignées l’une à la suite de l’autre dans les paddocks. Alex et moi se regardons en se disant; « si il neige, ce sera un article d’avant garde ». Toute l’équipe grelotte, mais les voitures, elles, sont de pierre, prêtes à être mises à l’épreuve. L’une, une évolution nostalgique impeccable (presque) d’une grand héritage du sport automobile, une déesse du Mans et une pièce de collection. L’autre est une version sur-vitaminée, une exagération d’une légende américaine. Les deux véhicules ont 4 années d’écart et sont encore à l’état d’origine (stock). Il faut être un peu casse-cou pour effectuer ce test comparatif avec 1139 chevaux sur une chaussée aussi froide. Une perte de contrôle pourrait coûter très très cher.

Chevrolet Corvette ZR-1

Je démarre la ZR-1 . « Molo... » penses mon redacteur-en-chef en me regardant m’élancer sur la piste avec mes 639 chevaux, d’un regard peu confiant. Dans l’habitacle, c’est confortable. Un intérieur que l’on pourrait qualifier de « Cadillaque »; avec beaucoup de commodités. Sièges chauffants , système de navigation, projection des données du tableau de bord sur le pare brise.L’intérieur digne de la « Grosse Corvette » . Bref, aucun indice me laisse croire que je suis assis sur 639 ch. Les alertes se font entendre : « attachez-vous », merci. « Le contrôle de la traction est désactivé ». Je sais, c’est moi qui l’ai désactivé, je m’exclame au luxueux tableau de bord entièrement gainé de cuir.

Après un tour de réchauffement, je trouve finalement l’occasion propice de « l’écraser » dans le troçon du ciruit ou se trouve la ligne d’arrivée. Le V8 6.9L offre un couple astronomique et interminable...me propulsant à vive allure vers la ligne d’arrivée. Évidemment, je me rend à peine dans la zone rouge du tachomètre lorsqu’il est temps de ralentir... (ce troçon, lui , n’est malheureusement pas interminable) . Je découvre alors rapidement ma deuxième caractéristique favorite sur la ZR-1 (après la motorisation) : le système de freinage. La voiture est équipée de freins Brembo 6 pistons aux quatre coins. Les freins gigantesques n’ont aucun problème à me parer au virage numéro 1 que je prends à vive allure. Les 275 arrières me gardent collé, une adhérance impresionnante malgré la température quasi glaciale de la chaussé. En fait la ZR-1 a une tenue de route impresionnante à travers tous les virage du circuit. Mais le moteur est violent, presque difficile à moduler, et je me rend rapidement compte que les sièges sont peu adaptés à ce type d’activité (je me promène de gauche à droite).

Ford GT

Ensuite vient la Ford GT, aux lignes racées et à l’allure définitivement plus séduisante. On pourrait dire que l’intérieur de la GT n’a pas ou presque pas évolué depuis son ancêtre en 1967. Les sièges sont durs mais offrent une position de conduite plus adaptée que la ZR-1. Le tableau de bord n’a pas changé, beaucoup de plastique et de caouchouc. Une finition élémentaire; l’essentiel, et ça me plaît beaucoup. Aucun gadget électronique, Il n’y a même pas de contrôle de la traction, pas d’ABS. En fait, module de le contrôle de la traction est disponible en option, dans le cas échéant, il se trouvre entre le siège et le volant...

Après mon tour de réchauffement, je constate que l’accélération est moins violente, mais très linéaire, un peu comme lors du décollage d’un avion; mais avec moins de « lag ». Le compresseur Eaton fait un excellent travail à livrer le couple très tôt. Le freinage, tout aussi efficace . La tenue de route est simplement parfaite; digne d’une voiture de course, mais la voiture reste tout de même docile, facile et agréable à consuire. Mon impression d’être assis très, très près du sol est véritable. La direction est particulièrement sensible à mes commandes, un effet « point and shoot » qui me plaît beaucoup et par dessus tout, me met en confiance. La vision dans l’habitacle est parfois obstruée par le pilier avant du côté passager, ce qui rend l’anticipation sur la piste un peu plus approximative.

Cet excercise est loin d’être un test scientifique. Mais j’ai été agréablement surpris de voir comment deux constructeurs américains on pu produire des véhicules si performants, tout en les gardant habiles (ce qui défait en partie le mythe de « l’américiane pour la ligne droite seulement » )

Évidemment, l’une est fraîchement sortie de l’usine et l’autre a presque 5 ans déjà. Ce qui amène une interrogation. Si Ford avait à produire une version 2010 de la GT, ce nouveau modèle serait-il compétitif en frais de puissance avec la ZR-1? Je crois fortement que oui. La Ford GT a été bâtie strictement pour sa motorisation. Lors de son introduction en 2005 ; elle détrônait, en frais de performances, presque toutes les voitures exotiques de cette époque pas très lointaine... en ne comptant pas les voitures doublement plus dispendieuses comme les Ferrari Enzo et les Carrera GT. Aujourd’hui, la ZR-1 offre beacuoup plus de puissance que la GT. Une défaite? Je ne crois pas. Une voiture de collection, ça a son prix .... et une Corvette suralimentée fait partie d’un classe apart. Pour certains, la championne serait peut-être évidente. Je crois qu’en prenant tous les facteurs en considération, il est plus difficile de déclarer une vainqueure. On chuchotte dans les coulisses de Burn-out.ca que je devrai approfondir mes recherches sur les deux voitures. Ce n’est qu’un début!

 

Articles Connexes: 
Array